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By In Social Media

Inégalités H/F : combien ça coûte ? 

Différences de salaire, accès restrictifs à l’éducation, avortements sélectifs, mentalités bloquées sur un rôle féminin ankylosé, Dispositions légales et cadre juridique insuffisants, manque d’infrastructures spécifiques, violences conjugales,…les contraintes d’accession au travail sont nombreuses et handicapantes pour l’égalité hommes/femmes.

Le tissu associatif et politique clame depuis plusieurs décennies, avec avancées certaines, la nécessité d’accéder à l’équité pour accéder à ce fameux #vivreensemble.

Cette semaine dans ma chronique radio eco/trends, je vous propose une revue économique des coûts de l’inégalité entre les sexes : le coût de la féminité d’une part et le manque à gagner pour le PIB mondial.

Parce que les chiffres ne mentent pas…

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By In Trends

Comment le livre restera-t-il à la page ?

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“Lire augmente les chances de réussite sociale et d’épanouissement individuel” c’est ainsi qu’a présenté Hervé Gérard, Président de la Foire du Livre, son initiative de rendre l’entrée gratuite à la Foire du Livre de Bruxelles.
Il faut payer pour entrer pour ensuite acheter des livres, ce qui peut en décourager plus d’un, pense-t-il.

 

Le statut du livre

Au-delà du prix, le statut du livre est à questionner. S’il est une valeur sûre pour la génération X et sûrement Y, que nous soyons lecteurs ou non, le livre reste un statement, un objet sans lequel nous pouvons nous imaginer.

En terme de sphère d’influence, être auteur, lire à propos d’un sujet, être le sujet d’un livre,… reste un must-have, une valeur qui établit durablement et ancre un sujet dans la légitimité ou la pertinence.

Mais ça, c’est nous.

Le livre numérique fera-t-il disparaître le papier ?

Nous effectuons une distinction entre contenant et contenu : payer le même prix pour un livre broché ou un e-book peut nous sembler incohérent, voire bloquant.
Pourtant, nous savons que nous payons le contenu d’auteur, pour la même raison qu’un livre de poche est moins cher qu’un broché – la durée de vie du contenu conditionne également son prix.

S’il nous semble utile de préciser le support sur lequel nous lisons, l’enfant lui, ne précise pas sur quoi il lit. Il lit, c’est tout et c’est ce qui présage la disparition des frontières support/contenu.

Le livre numérique fera-t-il disparaître le papier pour autant ?
Les chiffres sont bas, mais pas décourageants :

– 5 % du marché en France
– plus de 20 % aux Etats-Unis

Les prévisions à 15 ans sont entre 15 et 25%, ce qui n’empêche pas, en attendant, une guerre froide d’influence et de prix entre les éditeurs et certaines plateformes en ligne comme Amazon : si les éditeurs insistent pour proposer l’e-book presque au même prix que l’édition papier, Amazon lui, propose des livres numériques à plus bas prix.

 

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Toute expérience participe à la convergence

Internet se retrouve en position de bouc-émissaire du livre, alors qu’il ne représente que l’expression d’une tendance : le livre vit en transmedia.

Si le commerce en ligne augmente chaque année, il ne signifie pas pour autant la fin du libraire : il prend une place de conseil, de pré-selection, d’évènementiel : une signature, une rencontre, une discussion avec un libraire sur un ouvrage, qui ne peuvent exister qu’en vrai.
Si le livre précédé d’un conseil live sera plus probablement acheté sur place, le livre dont on a lu les commentaires et critiques en ligne sera plus probablement acheté en ligne également.

Il n’empêche que toute expérience participe à la convergence, peu importe qu’elle soit IRL ou URL.

Un auteur actif sur Twitter construira son awareness au même titre qu’une interview ou qu’une apparition sur un plateau télé.
Un extrait de livre lu sur Snapchat construira l’audience autant qu’une dédicace lors d’un salon du livre.
La vidéo sur Instagram de Charles Pépin, auteur de La Joie, invité d’honneur de la Foire du Livre, jouant du piano après une interview en dit presqu’autant sur lui que l’interview où il philosophe sur la joie.

Le livre choisira-t-il le modèle d’immersion transmedia ?

Traditionnellement, 3 acteurs majeurs se côtoyaient dans l’industrie du livre : l’auteur, l’éditeur et le libraire.

Aujourd’hui, le modèle se voit fractionné, défragmenté et restructuré selon les contextes et l’audience. Pas encore assez, mais le mouvement est en marche.

A terme, le livre choisira-t-il le modèle d’immersion transmedia, comme quelques auteurs de contenu audiovisuel, pour augmenter son exposition et rester dans la course?

 

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Les nouveaux modèles de tendances

Ce décloisonnement des tendances induit l’apparition de nouveaux modèles.

– L’abonnement freemium, par exemple, rencontre de nombreux adeptes : un nombre de livres, dont ceux dans le domaine public, sont disponibles gratuitement sur une plateforme avec des options payantes pour des contenus récents. Un peu comme un Deezer ou un Spotify du livre.

– Le “crowdbooking” fait son apparition sous une forme qui existe pourtant depuis toujours dans le cercle familial : le système d’échanges de livres à plus grande échelle, poussé par des volontés de services publics, laissant une opportunité pour certaines marques de se positionner en vecteur de culture pour tous.

– L’ubérisation atteint également le livre : certaines plateformes permettent de s’auto-éditer grâce à des contributions de lecteurs. D’autres poussent le 3.0 jusqu’à proposer aux lecteurs de compléter l’écriture d’un livre.

Le système a donc perdu de sa linéarité, les éditeurs perdent petit à petit leur situation d’oligopole et la librairie qui tient la barre se positionne plutôt comme un centre d’expérience littéraire.

L’auteur n’a plus l’exclusivité de son contenu, ce qui présage une perception modifiée du fameux “droit d’auteur“.

 

En attendant, le livre continue de fasciner, d’engager et de faire rêver.
En espérant qu’il trouve la voie qui lui permettra d’exercer son pouvoir d’émancipateur.

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By In Trends

Muslim Fashion : Les coutures invisibles de la tendance

6Une nouvelle collection de Hijab & Abaya par Dolce & Gabbana :
5 jours après sa publication, déjà 57 000 likes sur Instagram et 4000 partages #dgabaya.

La mode est au-delà du business, le fashion n’est pas qu’une industrie qui brasse des milliards de dollars mais une entité créative qui détermine ou relaie des tendances sociétales profondes. Parfois elle lance des mouvements, d’autres elle en relaie.

Ici et maintenant, on se demande ce qui motive Dolce & Gabbana de dédier une collection au symbole occident contre orient de la soumission, au bouc-émissaire idéologique qu’est le voile islamique.

Une élégante extravagance

Pourtant, d’autres marques de mode n’ont pas attendu Dolce & Gabbana, certes : DKNY, Tommy Hilfiger, Oscar de la Renta, Etro, Uniqlo, Mango ont toutes lancé à un moment ou à un autre des capsules, pour Ramadan, entre autres. Mais D&G crée la différence car il s’est débrouillé pour trouver le moyen de valoriser et d’embellir une femme avec son voile. Il met en exergue une féminité et une élégante extravagance en faisant de ce foulard un accessoire comme un autre. Défocalisation en décomplexant et assertivant le voile, finalement.

En revanche, lorsque les autres marques ne parlent au marché musulman que de manière sporadique, circonstancielle et confinée au marché de destination, ne créant ainsi pas de véritable lien sur la durée, D&G installe une conversation ancrée et durable avec ce marché.

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Le business juteux de la mode muslim-friendly

Raison du tollé n°2 : comment une marque de haute couture peut-elle se laisser adoucir par des sombres sons de violons marketing? Car il est juteux, le business de la mode muslim-friendly : les musulmans dans le monde dépensent 266 milliards de dollars par an en vêtements et en chaussures- soit plus que les italiens et les japonais réunis…et les estimations sont de l’ordre de 484 milliards en 2019 selon le rapport Global Islamic Economy de Reuters. Dubai était, en 2011, la ville la plus recherchée par les détaillants au monde devant Londres, Paris et New York avec 82% des marques représentées.

Pourtant, en termes de proportions, le potentiel n’est clairement pas atteint : les dépenses de vêtements et chaussures dans le monde musulman sont de 35% contre 50 % ailleurs dans le monde. Le marketing le plus important concerne en premier le secteur alimentaire puis le secteur financier, la mode étant en passe de devenir le 3ème.

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Le voile au-delà du foulard

Une tendance émergente? Depuis quelques années, emphasés par Pinterest et Instagram, fleurissent des looks branchés, connectés, trendy et…voilés. On les a appellé les mipsterz, contraction de hipster et muslim : leur voile dépasse le foulard, il s’agit d’une attitude dans un contexte général vestimentaire et lifestyle.

Il fait partie d’une attitude, au-delà du look, inséré fluidement dans toute une autre panoplie de symboles et de faire-valoir. Le skate-board, les talons, l’alliance insolite de couleurs, la façon de nouer le foulard, turban, cou dégagé ou non, superposition des styles vintage et branché, alliance de matières et de volumes divers.

Elles sont différentes et s’assument dans leur identité vestimentaire, philosophique et sociale avec une pointe d’arrogance mais beaucoup d’auto-détermination. Flair Belgique a d’ailleurs défrayé le paysage médiatique belge et féminin en faisant poser une Mipsterz sur sa couverture.

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By In Social Media

Le social media demande le social !

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Lors du dernier social media summit auquel j’ai assisté, j’ai été très surprise de voir à quel point l’importance d’un programme d’influenceurs était peu développée.

C’est un peu comme avoir un pays sans ambassadeur…Ou surtout, oublier le fondement de la “propaganda” depuis la nuit des temps : le pouvoir du bouche à oreille ainsi que le pouvoir de persuasion de certaines personnes au sein d’une société.

Be or not to be, la question n’est plus là

Pour les control freak de la brand Identity, c’est compliqué à assumer, je l’entends. Si on contrôle le reach d’une pub, la façon dont elle sera mémorisée révèle des sciences divinatoires.

Laissez-moi vous dire une chose : ce qui sort de votre zone de confort en vaut forcément la peine. Ce n’est pas parce que vous ne voulez rien voir qu’il ne se passe rien. La twittosphère n’a pas attendu que BHL crée un compte Twitter pour le parodier, personne n’a attendu que Jawad crée son compte Facebook pour inviter la moitié de la planète à une pyjama party chez lui.

Alexander Wang, grand créateur New-Yorkais avouait lui-même au New York Times qu’il pensait certaines de ses créations en fonction du rendu potentiel sur Instagram.

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Il y’a non seulement le quoi, mais le qui !

Mais on sait pertinemment que comme pour le Ice bucked challenge, le message doit être représenté puis amplifié pour les bonnes personnes pour être pertinent. Le poids de Johnny Hallyday faisant ses courses au Aldi du coin (admettez que le voir pousser un caddie doit être une expérience en soi) n’a pas le même que Mémé Josiane et son caddie à fleurs au même rayon.

Sauf si Mémé Josie a les cheveux roses et qu’elle est skate-board : là, vous tenez un concept, surtout si vous la snapchatter en train de chaparder dans les rayons des bouteilles de gin. Si en plus vous êtes  cette marque de gin, vous avez tout gagné.

Ou que Mamie Danielle propose sur BFM TV “d’apporter des fleurs à nos morts” fraternisant avec tous les musulmans de France : un compte Twitter est spontanément créé pour récolter des dons pour lui offrir un bouquet géantissime. Parce qu’on a tous besoin d’une Mamie Danielle à aimer et qu’il n’en a pas fallu de plus pour en faire la coqueluche positive des tragiques événements de novembre 2015.

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Tomber amoureux de votre marque

 

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L’erreur pourtant ô combien répandue consiste à vouloir créer une histoire de contenu à travers des messages marketing basés sur des insights. C’est un peu comme sur un site de rencontre : vous avez la liste des arguments rationnels et descriptifs, mais personne n’est jamais tombé amoureux d’une liste de qualités, aussi extraordinaires soient-elles – à moins que vous n’ayez un voyage sur la lune dans vos expériences passées (et que vous garantissez n’avoir jamais eu de lien avec Louis Amstrong).

Tomber amoureux, c’est un feeling, une sensation indescriptible et incalculable, un mélange de phéromones et d’autres substances chimiques corporelles douteuses. Vous ne savez pas pourquoi vous aimez vos amis, pourquoi vous aimez votre frère ennuyeux ou pourquoi Nicki Minaj vous fascine (un secret entre nous, promis) ou encore comment François Hollande arrive à séduire coup sur coup des profils aussi variés que ses manches ne sont jamais ajustées.

En revanche, si la promesse que votre marque propose, son apport dans le quotidien ne matche pas avec les qualités intrinsèques de votre produit, vous aurez un problème de fidélisation. C’est ce qui est arrivé à notre ami François Hollande et qui a conduit au chef d’œuvre de la littérature française 2015 de Valérie Trierweiller.

4 étapes :

En conclusion, 4 étapes sont fondamentales et indissociables :

  1. Lâcher prise et baisser le brand-narcissism autour du content. Tout ce qui distraira ou informera votre audience vous rendra agréable à avoir dans son quotidien. L’attention et l’affection, ça se mérite. Si vous n’y arrivez pas, je peux vous conseiller la sophrologie ou l’hypnose, ça aide.
  2. Mapper et faire plaider votre cause aux bons avocats. Ceux qui font leur show devant la cour et dont tout le monde respecte l’avis, qu’il soit juste ou pas. C’est injuste, mais comme disait Thierry Ardisson, la vie est injuste.
  3. Engager votre audience en la reliant à une vraie expérience, proche de ses centres d’intérêts, pas de ceux de votre marque. Tout est valable, mais une règle prévaut : less is more. Les conseils de Coco Chanel ne s’appliquent pas qu’à la mode. Au plus simple, au plus efficace.
  4. Pousser votre contenu sur les supports via des incitateurs digitaux, numériques, traditionnels afin que votre contenu soit visible. Si certaines choses n’ont pas de prix, d’autres s’achètent. Chez nous, par exemple.

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